Survie. Voilà un mot fort, mais qui décrit parfaitement ma situation actuelle. Selon le Larousse, la survie est  la « prolongation d’une activité au-delà du moment où elle semblait menacée de disparition ». C’est exactement ça.

Être chef d’entreprise, TDAH et vivre en confinement avec trois ados (12, 14 et 16 ans), c’est du sport et pas n’importe lequel. Ce serait plus de la planche à neige que du golf mettons. Le défi, c’est d’atteindre tes objectifs tout en gardant un équilibre, tsé ce concept qui te permet de préserver ta santé mentale. C’est à ça que je fais référence.

Le télétravail, cette épée à deux tranchants

Quand tu es au bureau, normalement, tu peux te concentrer à 100 % sur ton travail. Travailler à la maison, c’est gérer deux emplois en même temps : ta job de professionnel et ta job de parent

On s’entend : mes enfants sont très autonomes. Toutefois, ils ont besoin d’attention, d’occupations et parfois de quelques interventions. C’est bien normal. Et, même s’ils ont accès à des systèmes d’apprentissage à distance, ce n’est pas comme l’école. Leur emploi du temps est moins rempli, mais ils ont tout autant d’énergie à dépenser!

 

 

famille annie martineau kairos

Mes amours!

La semaine dernière, je me suis mise à culpabiliser, ce qui n’est pas dans mon habitude.

Je culpabilisais parce que je n’ai jamais eu autant d’occasions de passer du temps avec mes enfants.
Je culpabilisais parce que j’étais moins productive au travail et que des milliers de familles ont besoin de HERO pour simplifier l’heure des routines.
Je culpabilisais parce que le confinement me rendait moins patiente.
Je culpabilisais parce que bien d’autres mamans l’ont beaucoup plus difficile que moi.
Vous voyez le principe. Je suis restée dans cet état d’esprit un bon moment. Puis, je me suis ressaisie. Je me suis dit : Annie, c’est le temps de te mettre en mode positif comme tu sais si bien le faire.

On m’a souvent demandé comment faire pour lâcher prise. Loin de me considérer comme une experte en la matière, je crois avoir une certaine facilité à le faire. Mais, au fond, toutes les mamans et tous les papas ont cette capacité! Je pense que la COVID-19 forcera plusieurs personnes à lâcher prise pour de vrai, même si elles s’en croient incapables.

Comment ai-je fait pour lâcher prise?

 

5 choses hyper simples que vous pouvez mettre en pratique vous aussi :

 

  • Me fixer des limites
  • Choisir mes combats 
  • Vivre le moment présent
  • Célébrer!

Très bien, maintenant comment ça se traduit concrètement? Voici mes trucs gagnants en rafale. 

  1. Me fixer des limites  
  • Je réponds aux messages et aux courriels dans les 24 heures et non aux 5 minutes. Ainsi, je peux mieux structurer mon horaire, gérer mon temps et me réserver des plages pour terminer les mandats prioritaires. 
  • J’utilise la fonction « Ne pas déranger » de mon téléphone comme jamais auparavant.
  • Je suis les actualités seulement une fois par jour. Ça diminue aussi le niveau d’anxiété quand les nouvelles angoissantes sur le coronavirus se succèdent.
  • J’ai modifié mon horaire afin de maximiser le temps en famille. Et mon équipe a très bien compris. 
  • Quand rien ne fonctionne, je demande un câlin (ben oui, l’amour, c’est miraculeux).

 

  1. Adapter les  routines 
  • On (je veux souligner la contribution essentielle de mon chum) a inclus les enfants dans l’élaboration de la nouvelle routine. Rien de mieux que de leur donner du pouvoir pour obtenir leur collaboration! 
  • On a prévu des temps libres pour laisser aux enfants un peu de liberté (voir notre planificateur familial ci-dessous). Ils profitent aussi d’une fin de semaine de trois jours!
  • On déjeune en regardant des vidéos drôles, question de commencer la journée dans la bonne humeur!
  • On cuisine en famille et je laisse mes ados choisir les repas. J’élimine la question « Qu’est-ce qu’on mange? » par le fait même.
  • On prend le temps de parler à chaque enfant individuellement pour le remercier de ses efforts et lui demander comment il va.
  • Je sors tous les jours, beau temps, mauvais temps.
  1. Choisir mes combats 
  • On fait des compromis sur le temps d’écran, l’heure du lever et le niveau de bruit tolérable. Tant que ça reste dans la mesure du raisonnable, ça passe!
  • Je me fixe des objectifs de travail hebdomadaires et non quotidiens. Il y a de mauvaises journées et il ne faut pas se flageller pour ça. Trop de pression, c’est comme pas assez!

 

  1. Vivre le moment présent 

Quand mes enfants ont besoin de moi, je leur consacre toute mon attention, peu importe le temps que ça prend. Je ne pense pas à mes courriels ni aux corvées sur ma liste. J’oublie tout ça le temps de soigner le bobo. 

Hier, par exemple, je me suis promenée en voiture pendant près de deux heures avec mon garçon. Il  a un TDAH et un trouble du spectre de l’autisme. Il n’en pouvait plus, car il ne comprenait pas tous les éléments de la crise actuelle : la distanciation sociale, l’isolement, les commerces fermés, les pertes d’emplois. Autrement dit, son anxiété avait atteint un sommet inimaginable.

On a ri, on a pleuré, la tempête est passée. Et bien que ce fut une journée éprouvante et émotionnellement drainante, je me sens choyée d’avoir traversé cette tempête avec lui. Il sait que je serai toujours là, car il n’y a rien de plus important. Et je me sens privilégiée qu’il recherche ma présence. Ces moments-là sont précieux et ils renforcent le lien parent-enfant.

 

  1. Célébrer :
  • Quand un membre de la famille pose une bonne action (comme laver les fenêtres), on exagère les mercis et compliments. Ça fait tellement du bien!
  • On fait du vélo et on roule dans les flaques d’eau le plus possible, même si on est détrempés  (on profite du sourire des passants en prime).
  • On s’organise des séances de jeux de société et des ateliers « Montre-moi ton talent! ». L’idéal pour décompresser!
  • On prend le temps de discuter en famille et de se raconter des blagues. Le sens de l’humour est un remède à bien des maux.

La beauté d’être parent

La vie, ce n’est pas toujours facile, mais c’est tellement beau! Ça vaut la peine d’en profiter au maximum. Toutefois, il faut d’abord savoir lâcher prise (pas seulement le dire, mais le faire!). Avoir un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité ne facilite pas les choses certes. Mais plusieurs stratégies peuvent vous faciliter la vie en tant que parent.

J’espère que mes trucs vous aideront dans votre quotidien et que vous saurez les adapter à votre sauce. Évidemment, n’essayez pas de tous les intégrer en même temps. Allez-y graduellement. Vous allez voir : ça va bien aller (on répète souvent cette phrase, mais moi j’y crois). Vous êtes des superparents : je le sais.

 

Par Annie Martineau, fondatrice de HERO et fière maman de 3 ados tout simplement formidables

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