Qu’est-ce que la colère ?

La colère est, à la base, une émotion normale et humaine. Elle peut être liée à une blessure physique ou psychique, un manque ou une frustration et elle peut se manifester de différente manière. La colère peut s’illustrer comme une explosion, une tempête qui jaillit lorsqu’on ressent un trop-plein d'émotions intenses.

 

Quels sont les types de colère chez les enfants ?

Avant d’intervenir auprès de votre enfant en colère, il est bien de savoir décoder quel type de colère votre enfant vit afin de mieux répondre à ses besoins lors de votre intervention. Il existe trois grands types, ou moments de colère chez l’enfant, selon les spécialistes.

 

Colère de décharge

La colère de type décharge est en fait plus une décharge de stress pour l’enfant lorsqu'il ou elle vit un trop-plein de tensions. Les crises de colère de votre enfant est donc un moyen pour décharger son stress et, puisqu'il n'a pas l'expérience d'un adulte, il se tourne vers la colère. Un signe de ce type de colère est un enfant qui s’impatiente plusieurs fois par jour, et la colère de décharge peut persister dans le temps sous forme d’agressivité plus régulière.

 

Colère d’affirmation

La colère de type affirmation est un type de colère dans lequel l’enfant veut affirmer ses limites personnelles. Par exemple, lorsqu’un autre enfant entre dans la bulle de celui-ci, il se met en colère afin d’exprimer ses limites et son besoin d’espace. Ce type de colère peut parfois réserver à la violence et des mauvaises relations, mais peut être évité si vous intervenez rapidement et de la bonne manière, soit en vous assurant que les enfants apprennent à verbaliser leurs émotions et respecter les émotions des autres.

 

Colère de frustration

Le troisième type de colère est une colère de frustration, soit lorsqu’un enfant exprime un mécontentement à travers la colère par manque de moyens de verbaliser ou d'extérioriser ses frustrations. Les colères de frustration sont importantes puisqu’elles sont un excellent moyen pour pousser l’apprentissage de la gestion de la colère par l’identification et la verbalisation des émotions vécues par l’enfant. De plus, l’enfant doit apprendre à verbaliser ses désirs, tout en comprenant que cela ne signifie pas qu’il seront nécessairement réalisés.

Il est important de laisser l’enfant vivre cette colère, même si l’enfant prend du temps à retrouver son calme, il est important de laisser l’enfant vivre cette colère et éviter de compenser son calme en “achetant la paix”. Il existe des outils pour reconnaître et parler des émotions d'un enfant du primaire, par exemple la roue des émotions Kairos.

 

Qu'est ce qui cause des moments de colère chez les enfants d'âge primaire?

 

Plus haut, nous avons visité les différents types de colère chez l’enfant. Une fois les différents types de colère identifiés, il peut être pertinent de comprendre quelles sont les causes des débordements de colère chez l’enfant, afin de mieux diriger votre intervention et éviter un cycle de colère.

Les causes de colère chez l’enfant peuvent être très diverses, et il arrive qu’il soit difficile d’identifier la source. Toutefois, il est pertinent de se poser la question et du moins essayer de comprendre la source de l’émotion. Voici quelques pistes des causes de colère communes chez les enfants du primaire:

 

Lorsqu’un enfant est coincé ou se sent dans l’incapacité de pouvoir faire ce qu’il voudrait;

Lorsqu’un enfant doit faire quelque chose qui va à l’encontre de ce qu’il voudrait faire;

Lorsqu’un enfant est dépassé par une situation, que ce soit par un sentiment de peur, d’impuissance, ou d’anxiété;

Lorsqu’un enfant est affamé, fatigué, ou excité;

Lorsqu'une association est faite entre faire une crise de colère et recevoir ce qu’il veut;

Des émotions, nous en aurons toute notre vie. Il faut apprendre à vivre avec, et surtout apprendre à nos enfants à vivre avec et ce n’est pas chose facile!! 

Quand on pense à émotion, on pense habituellement à la colère. Pourquoi? Parce que c’est souvent celle-ci qui est la plus difficile à vivre pour les enfants. Par contre, de nombreuses autres émotions peuvent s’avérer difficiles à vivre pour l’enfant. 

Dans le cas des émotions, j’aime toujours référer au livre « La couleur des émotions » parce qu’il image très bien, pour l’enfant, comme se traduit le moment où il vit une émotion. 

Il déclasse aussi les émotions qui sont habituellement classées comme « bonne émotion » et « Mauvaise émotion » alors que toutes les émotions sont normales et ont le droit d’être vécues et ressenties par l’enfant. 

Voici donc des pistes pour travailler chacune des émotions avec l’enfant : 

Maman Gestion Colere

La gestion de la colère chez les 5 – 12 ans

On voit beaucoup de crises chez les tout-petits. Pendant la petite enfance, l’enfant apprend à vivre avec ses émotions, les reconnaître et les extérioriser adéquatement. Cela n’est cependant pas totalement acquis à l’entrée au primaire. La colère est une émotion très difficile à apprivoiser et à gérer. Plusieurs adultes y arrivent même difficilement. Si vous avez un enfant qui fait de grosses colères, il est primordial de l’accompagner dans celles-ci. La gestion des émotions est acquise et non pas innée pour l’humain. Voici quelques étapes pour le guider : 

Aider l’enfant à reconnaître l’émotion

Lorsque vous voyez l’enfant en colère, vous pouvez lui nommer le ressenti. Par exemple « Je vois que tu es en colère ». Si l’enfant ressent autre chose, par exemple de la tristesse, il vous le dira. 

Vous pouvez aussi lui nommer les indices qui permettent de reconnaître son émotion. Par exemple, nommer « Je vois que tu es en colère, tu sers les poings » ou alors « Je vois que tu es en colère, tu lances des objets » ou « Tu parles fort ». Votre enfant pourra, par la suite, associer sa propre émotion aux indices dans son corps. 

Il est primordial, lors de tout le processus, de parler sur un ton doux et rassurant pour aider l’enfant à se calmer. 

Aider l’enfant à s’exprimer

L’enfant vit une colère pour une raison. Elle peut vous sembler totalement banale, voir illogique. Il est cependant important de le laisser nommer les raisons de sa colère en entièreté, sans le couper. Cela l’aidera à vivre une partie de sa colère. Ne vous sentez-vous pas mieux quand vous nommez à votre entourage quelque chose que vous aviez sur le cœur? 

Par contre, et Nancy Doyon le souligne également, il est très important de ne pas céder à la demande de l’enfant pour éviter de le mettre en colère. Si un « Non » a déclenché une crise, il faut absolument conserver le non. Sinon, l’enfant apprend qu’en faisant une crise de colère, il obtient ce qu’il veut. Et ça, on veut pas ça!

Trouver un moyen avec l’enfant

À ce moment, on aide l’enfant à trouver un moyen qui n’est pas dommageable pour les autres. On insiste en lui expliquant qu’il a le droit d’être en colère, mais qu’il n’a pas le droit de blesser les autres ou de briser du matériel. 

On a tous un moyen pour faire sortir la colère. Que ce soit courir, faire du ménage, pratiquer la boxe, … Trouvez, avec votre enfant, un moyen qui l’aide à se vider de sa colère. Il peut trouver plusieurs moyens interchangeables. De nombreux moyens existent dans les commerces ou à fabriquer soi-même, comme des coussins à colère, des boîtes à soucis ou des boîtes à colère, par exemple. 

Il peut aussi changer son moyen à l’occasion, quand le premier moyen ne suffit plus. Vous serez là pour le guider et lui faire réaliser que son moyen ne convient pas, et que la colère n’a pas disparu. Ou au contraire, que celle-ci est disparue en tout ou en partie. 

Le colèromètre est un bel outil qui peut vous aider avec votre enfant à évaluer où il se situe. Cet outil a été développé par l’organisme l’Avenue, Justice internationale. 

Permettre à l’enfant de s’éloigner ou de se retirer

C’est important de laisser à l’enfant l’occasion de prendre du recul. Certaines personnes ont besoin de régler la situation maintenant, mais ce n’est pas le cas de tous. Si l’enfant se cache, s’enferme, se sauve, … Laissez-le prendre un moment loin de vous. En sécurité, bien entendu!! 

Nommez-lui simplement, lorsqu’il est retiré, qu’il devra revenir vous voir une fois calmé pour faire un retour. 

Nancy Doyon souligne d’ailleurs que « À trop en faire pour consoler l’enfant, on lui renvoie l’impression qu’on se sent coupable et qu’il n’est pas normal de vivre des frustrations. »

Donner du temps avant le retour 

Ce point est directement en lien avec le précédent. Donnez à votre enfant tout le temps nécessaire pour se calmer. Il est inutile de lui demander de revenir à ses activités avant d’avoir complètement calmé sa colère. Plus votre enfant développera des outils, moins les colères seront longues. Il faut cependant savoir que le sommet de la crise est un moment où l’enfant n’est pas réceptif du tout. Il ne sert donc à absolument rien d’insister. 

Se calmer soi-même

Lorsque notre enfant est en colère, il est souvent facile de grimper aussi sur ses grands chevaux et de se mettre soi-même en colère. Votre enfant a besoin d’un adulte calme, disposé à l’aider. Il est donc primordial de vous-même trouver des trucs pour passer au-travers de votre colère et ainsi être disposé à l’aider. 

 

Je termine en mentionnant que seul le temps aidera à la maitrise de la colère. Il est donc important de se donner du temps, d’être patient et constant dans vos interventions. Cela portera fruit, je vous l’assure. 

 

Références : 

Atelier La gestion de la colère, Trucs et astuces, Stéphanie Roy, Anne-Julie Gagnon, intervenantes à L’Avenue, justice alternative, https://educationspecialisee.ca/wp-content/uploads/2018/02/4_Trucs_et_Astuces_La_gestion_de_la_colere.pdf

 

Les coussins à colère , https://precieuxmoments.fr/2016/01/29/diy-gerer-les-emotions-avec-un-coussin-de-la-colere/ 

Les crises de colère, 

https://educationspecialisee.ca/wp-content/uploads/2018/02/crises-de-colere.pdf 

12 trucs pour accompagner l’enfant en crise, Nancy Doyon, https://www.sosnancy.com/12-trucs-pour-accompagner-lenfant-en-crise/ 

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