5 habitudes saines pour apprendre la gestion des émotions

Avoir des enfants, ça force à se réinventer. Dans les 8 dernières années, j’ai eu l’occasion de tester beaucoup d’outils pour m’adapter aux besoins de mes enfants. Depuis près de 3 ans, j’explore les meilleures ressources que j’ai trouvées  et les partage sur mon blogue: Atypiquement Parfaite. Et aujourd’hui, je vous propose quelques techniques qui aident chez nous avec la gestion des émotions de mon ainé qui a 8 ans et qui vit avec un HPI.

Je m’appelle Karine, je suis maman de trois garçons. Le plus vieux a 8 ans. Nous avons appris, lorsqu’il avait 5 ans, que ses crises et ses défis d’autocontrôle étaient dus à un écart très grand entre sa maturité cognitive et sa maturité émotionnelle. Nous avons donc testé beaucoup de choses pour l’aider à travers ça et je vous propose ici nos meilleurs outils:

parents et enfant heureux

Communication

Même si on parle beaucoup avec nos enfants, la communication ne favorise pas toujours la gestion des émotions.

Un bon moyen d’arriver à aider notre enfant est de s’assurer que la communication soit saine et ouverte.

J’ai remarqué chez nous que de poser la question : « Comment s’est passée ta journée? » n’est pas la bonne voie à adopter pour en apprendre plus sur mon fils. Je dois parfois prendre certains détours pour ouvrir la porte de la communication et ensuite pousser plus loin l’échange.

Des questions simples font très bien l’affaire comme amorce :

  • Qu’est-ce que tu as préféré dans ton lunch ce midi?
  • À quel jeu as-tu joué à la récréation?
  • Quelle couleur de chandail avait ton enseignante aujourd’hui?

La question de départ n’est pas tellement importante, elle permet surtout d’ouvrir la discussion et à partir de là, d’autres questions plus importantes peuvent suivre.

  • Avec qui as-tu joué? Diné? De quoi avez-vous parlé?
  • Est-ce que tu as eu à prendre la parole devant la classe aujourd’hui? Sur quel sujet?
  • Est-ce que tu as ri aujourd’hui? Avec qui?
  • Est-ce que tu as vécu des défis aujourd’hui? Qu’est-ce que tu as trouvé difficile? As-tu demandé de l’aide à un adulte? À un ami?

Des moments d’échanges en 1 :1 peuvent être prévus à l’horaire avec l’enfant. Ça peut faire partie de la routine.


parent et enfant liste
Chez nous, j’ai du temps solo avec mon grand en allant le chercher à l’école. C’est notre moment à nous deux. Nous avons environ 30 minutes pour discuter juste lui et moi.

Pour mon fils de 6 ans, c’est plus difficile, et surtout plus bref, il n’a pas de conversation longue. Alors ça se limite à quelques minutes pendant le bain où je le questionne sur sa journée. Généralement, il me dit qu’il a joué avec ses amis et fait une liste de ce qu’il a mangé pour le dîner. Il vit avec la trisomie 21, nous communiquons beaucoup, mais pas uniquement à travers les mots. J’ai lu que pour aider notre enfant dans sa communication, le fait de répondre à ses câlins et garder l’étreinte jusqu’à ce que ce soit lui qui se dégage aide à construire la relation de confiance, c’est par là que je passe avec lui.

Pour mon fils de 3 ans, c’est au moment du coucher qu’on a ce temps en solo pour échanger. Je m’étends près de lui, il me fait un câlin et me raconte les événements importants de sa journée et les amis avec qui il a joué.

L’important n’est pas vraiment le moment, mais le fait de prendre le temps nécessaire pour le faire.

Cultiver la confiance et l’estime de soi

confiance et estime de soi

À mesure qu’on communique avec l’enfant, on arrive à établir une relation de confiance avec lui. Graduellement, ça l’aide à construire sa confiance en lui.

Alors que la confiance en soi provient des succès qu’on vit et des relations significatives qu’on établit, l’estime de soi se construit en comprenant la valeur qu’on a pour soi.

Un enfant qui a une bonne confiance en lui s’affirmera et n’aura pas la crainte de nommer ses émotions. Un enfant qui a une bonne estime de lui-même sera en mesure de croire en ses talents, même ceux qui sont plus subtils.

En étant présent pour son enfant, en communiquant avec lui avec ouverture et authenticité, est la base pour le développement de ces deux aptitudes. Mais en démontrant soi-même nos émotions, en nommant nos échecs et nos succès, en prenant soin de soi et des autres, on arrivera à prendre le rôle de modèle pour notre enfant.

Pratiquer la reconnaissance des émotions

Il n’est pas facile d’arriver à reconnaître les émotions, surtout pour certaines plus subtiles qu’on doit distinguer les unes des autres.

Il existe de plus en plus d’outils, de livres et même de jeux qui explorent les différentes émotions pour aider les enfants à se familiariser avec tout l’éventail des ressentis.

Prendre un moment pour nommer les émotions à l’enfant quand un événement survient peut l’aider à construire sa reconnaissance.

Par exemple, si l’enfant vit un moment difficile, s’arrêter pour lui dire : « J’ai l’impression que tu es triste ou en colère, est-ce que tu peux me dire ce que tu ressens vraiment? »

Mais aussi, exprimer nos propres émotions quand elles surviennent pour permettre à l’enfant de comprendre qu’il est sain de ressentir certaines émotions et que même les adultes continuent à en vivre.

La reconnaissance des émotions de base peut se faire à un jeune âge déjà, mais pour certains enfants, ça peut prendre plus de temps à acquérir complètement.

enfant crise

Les crises

J’ai remarqué que mon fils faisait des crises quand il n’arrivait plus à contrôler ses émotions. À un certain point dans sa journée, sa semaine, son mois, les émotions contrôlées prenaient tellement de place qu’il explosait, littéralement, comme un volcan.

Ça a été plus notable entre 4 et 8 ans. Tranquillement, ça s’apaise, mais je sais que c’est encore fragile.

Quand il a appris à reconnaître suffisamment ses émotions, on a travaillé avec des outils aidant à l’autocontrôle provenant d’un programme américain. Celui-ci nous a été suggéré par une orthophoniste. Dans ce programme, plusieurs stratégies sont explorées pour aider le contrôle des émotions.

Le programme est beaucoup utilisé dans les écoles anglophones à l’heure actuelle, le matériel disponible étant principalement en anglais. Ceci dit, j’ai abordé quelques concepts de base du programme sur le blogue Atypiquement Parfaite, dont les zones de régulation. Ça permet à l’enfant de reconnaître si une crise approche et agir avant d’exploser.

Méditation/Pleine conscience

Les enfants, comme les adultes, bénéficient de l’effet de la méditation et de la pleine conscience.

Quand on débute cette pratique, il n’est pas nécessaire de faire des séances très longues, quelques minutes (2-3 minutes) suffisent généralement pour obtenir un effet apaisant chez l’enfant.

enfant calme pleine conscience

L’avantage de la pleine conscience est qu’on s’arrête un instant pour ressentir ce qui se passe dans notre corps. C’est un excellent moyen pour être à l’écoute des sensations physiques liées aux émotions.

J’utilise la pleine conscience même avec mes enfants.

Voici quelques livres qui nous ont beaucoup plus :

Dans l'horaire, prévoir de petits moments de pause pour méditer est très aidant. On peut faire ça juste avant le dodo parce que ça détend, mais ça pourrait aussi être fait en début de journée, pour partir de la maison l’esprit clair ou dans une période de transition, qui peut être plus difficile pour certains enfants.

Exercice physique

Dans la gestion saine des émotions, l’exercice physique a aussi une place de choix.

La majorité des scientifiques s’entendent pour dire que 60 minutes d’activité physique au quotidien apportent beaucoup de bénéfices pour l’enfant. Je vous invite à lire Naître et Grandir pour davantage de recommandations en ce sens.

enfant exercice physique

En soi, l’exercice physique permet une meilleure circulation sanguine et une meilleure oxygénation du corps et de ses organes, dont le cerveau, siège des émotions. En faisant de l’exercice physique de façon quotidienne, on aide donc notre cerveau à maintenir une meilleure santé. L’explication entière est beaucoup plus complexe, mais essentiellement, le principe est là.

Comme la plupart des habitudes, faire de l’exercice physique peut s’apprendre dès le plus jeune âge. C’est donc une bonne idée de l’intégrer à sa routine quotidienne en faisant des activités simples : marche, vélo, nage, basketball, soccer, jouer au parc, etc.

Conclusion

La gestion des émotions est une aptitude qui se développe avec le temps. Elle passe par plusieurs chemins. Comme parent, on a un rôle important à jouer dans la construction de cette aptitude chez nos enfants et même pour ceux chez qui c’est plus difficile, avec constance, routine et cohérence, on peut arriver à vivre de beaux succès.

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