Avec la COVID-19, les événements tragiques qui envahissent les actualités et les difficultés vécues à la maison, il peut être tentant de voir la vie d’un oeil sombre.

Or, s’il faut prendre le temps de vivre nos peines, il est important de sortir de cet état d’esprit ensuite. Pour vous épanouir, vous avez besoin de positif, tout comme vos enfants! 

En tant que maman d’un enfant ayant des besoins particuliers, j’ai eu mon lot d’épreuves à surmonter. Voici comment j’ai réussi à devenir plus positive. 🙂

L’éducation positive

Le positivisme est un art qu’on se doit de pratiquer tous les jours. Ça fait des années que je travaille à changer les pensées négatives pour des pensées positives. Commençons par la théorie de base. Je vous explique plus loin les répercussions sur ma vie personnelle.

Dans mes cours en technique d’éducation en petite enfance, on m’a expliqué l’importance de donner une consigne à la positive aux enfant, comme Marche dans la maison plutôt que Ne cours pas dans la maison.

Pourquoi? Parce qu’en nommant seulement l’interdit à l’enfant (ne pas courir) on ne l’informe pas de ce qu’on attend qu’il fasse (marcher). Enfant, adolescent, adulte, aîné : peu importe votre âge, si vous vous arrêtez sur le négatif, vous mettez l’accent sur ce qui fait mal. Si vous vous le répétez plusieurs fois dans une semaine, vous pourrez alors avoir l’impression qu’il n’y a que du négatif autour de vous. 

Mais si on essayait le contraire? Si on changeait nos pensées négatives en espoir et en positif? 

 

Quelques exemples :

  • On ne court pas 🡪 On marche
  • Ne lance pas ta nourriture par terre 🡪 La nourriture reste dans ton assiette/La nourriture va dans ta bouche
  • Ne frappe pas 🡪 Sois doux, flatte, donne des câlins ou des bisous. Demande avec des mots.
  • Tu n’es pas capable 🡪 Tu peux le faire.
  • Ne fais pas ça 🡪 Voici comment tu peux faire /ce que tu peux faire/dois faire
  • Je n’aime pas mon ventre 🡪 J’aime mes jambes.
  • Je ne comprends pas 🡪 Essaies-tu de dire ceci? J’essaie de comprendre. Montre-moi ou exprime-toi avec un geste (ou un picto) pour que je comprenne. 
  • Il n’est pas capable de communiquer, on n’arrivera jamais à le comprendre! 🡪 Ça demande plus d’effort pour lui de communiquer. Avec les bons outils, on peut (on va) y arriver.     
    ETC.

Les avantages d’être un parent positif

 

La psychoéducatrice Marie-Hélène Chalifour explique bien les bienfaits de la parentalité positive (ou éducation bienveillante) dans l’article L’ABC d’une approche bienveillante, rédigé par Nathalie Vallerand sur le site Naître et grandir. « Avec cette approche, l’enfant apprend à avoir confiance en lui, à parler de ses émotions, à communiquer dans le respect et à reconnaître ce que les autres ressentent. Il apprend aussi à être autonome et responsable de ses actes. » Bref, il n’y a que du bon dans les pratiques parentales positives. 😉

 

Les médecins, les diagnostics, les étiquettes 

 

J’ai la chance d’avoir mis au monde un magnifique petit garçon. Une boule de chaleur, un immense bonheur. Mon premier bébé. Un enfant souriant, attachant, émerveillé. Dès les premiers jours, mon mini humain, né prématurément, devait se battre contre les défis que lui apportait déjà la vie. Depuis, tous les jours, ce petit être démontre force, persévérance et patience. Il m’apprend beaucoup sur la résilience

J’ai un enfant avec des besoins particuliers, c’est ce qu’on dit. C’est un enfant plein de défis, mais pas un enfant à défis. Un enfant qui, certes, demande plus d’attention, de rigueur, de constance et d’encouragement. Mais c’est aussi surtout un enfant plein d’amour, d’entrain, de sourires et d’émerveillement

Quand les premiers diagnostics sont tombés, les médecins étaient peu confiants. 

    • Votre fils ne marchera probablement jamais, m’a-t-on dit plus d’une fois.
    • Votre fils ne sera jamais capable de pratiquer un sport, à cause de son hypotonie. 
    • Votre fils ne mangera pas, il devra être gavé, à cause de son hypotonie et hyperlaxité. 
    • Votre fils ne se fait pas comprendre, il ne parlera pas comme il faut.
    • Votre fils ne sera jamais normal.
    • Votre fils ne se développe pas comme les autres.
    • On ne sait rien de l’avenir de votre fils.

Mes réactions?

  • Votre fils ne marchera probablement jamais.  Probablement veut dire qu’il y a des chances qu’il marche un jour. Quoi faire pour l’aider? 
  • Croire en lui.
  • Lui offrir des opportunités pour lui apprendre à marcher : de la physiothérapie pour apprendre à son corps comment faire. 
  • Y aller une étape à la fois. 
  • L’encourager et célébrer chaque victoire, aussi minime soit-elle.
  • Lui offrir de l’aide technique.
  • L’aimer. 

 

« Votre fils ne se fait pas comprendre, il ne parlera pas comme il faut. » Comme il faut? Ça veut dire quoi comme il faut? Il existe plusieurs façons de communiquer : mains animées, langage des signes, pictogrammes, gestes, écriture. Je lui offrirai les outils dont il a besoin, j’arriverai certainement à communiquer avec lui.

« Votre fils ne sera jamais normal, votre fils ne se développe pas comme les autres. »  D’abord, c’est quoi la normalité? À ce que je sache, chaque personne est unique. Mon fils est différent, il n’est pas anormal. Il est UNIQUE et c’est magique de penser qu’il est le seul au monde à avoir cette maladie. C’est un zèbre. 

Puisque les chevaux sont les animaux à sabots les plus couramment rencontrés et que les zèbres sont très rares, logiquement, on peut supposer que l’animal faisant un bruit de sabot est probablement un cheval. Mais si ce n’est pas un cheval, alors c’est un zèbre.

 Regroupement québécois des maladies orphelines 

Si on voit un zèbre, on ne va pas dire qu’il est anormal. Il est juste différent du cheval. Il ne fait pas comme le cheval, il fait à sa manière. 

On ne sait rien de l’avenir de votre fils. AH! Alors voilà! On ne sait rien. La « zone grise ». Tout est possible puisque rien n’est impossible!

Ces mots sortis de la bouche de professionnels de la santé, c’est contrariant et douloureux. Je ne me suis pas arrêtée à ça. Quand j’étais enfant, ma mère s’était fait dire par des spécialistes Votre fille ne réussira jamais dans la vie. Elle n’ira nulle part. Elle ne les a pas écoutés. Avec cet exemple en tête, j’ai décidé de décortiquer les phrases des spécialistes et d’y mettre ma touche positive et remplie d’espoir.    

Ma transformation négatif-positif en bref 

Au lieu de m’arrêter sur les différences et les difficultés, je me suis concentrée sur les forces et les réussites. Pour moi, appliquer la parentalité positive a été aussi simple que ça.


« Il est hypotonique, hyperlaxe, hyposensible, myope, a un retard de développement global, fait des convulsions et des absences. En gros, il a trois ans, ne marche pas, ne parle pas, ne peut pas manger en morceaux. » 


« Il est curieux, souriant, attentif, communicatif, affectueux et a un regard perçant. On aime sa joie de vivre, ses petits cris, son rire et son énergie. En gros, il a trois ans, il est heureux, il aime et est aimé. Il est persévérant et travaillant, il se déplace en rampant, il marche avec un déambulateur, il communique avec des gestes, il mange comme nous tant que les morceaux sont effilochés. »

Le triomphe de l’espoir : mon histoire à succès!


Nous travaillions fort avec la physiothérapeute, l’ergothérapeute et les aides techniques pour que notre fils puisse se déplacer de façon autonome. Alors que certains professionnels étaient peu confiants, d’autres ne posaient aucun pronostic précis. Nous avions gardé espoir, même s’il y avait de bonnes chances qu’il marche avec un déambulateur ou des béquilles. La suite des événements nous a ravis!

 

🡪12 novembre 2019. Notre garçon s’est levé sans appui pour la première fois, c’était inattendu. Quelques minutes plus tard, il a fait trois pas. Trois petits pas, instables, mais trois pas! Juste ça, nous avons célébré! Nous étions fous de joie. Je me suis dit « Quelle chance que j’ai eue de le voir marcher une fois! Et, même si c’est la seule fois, je suis comblée de l’avoir vécu! » Nous avons continué le travail en physiothérapie, l’encourageant tous les jours et le félicitant à (presque) chaque effort. 

🡪11 mars 2020. Notre fils a fait ses premiers pas, sur une distance d’environ un mètre. Pour encourager sa petite sœur à marcher, il s’est mis debout sans aide et a marché quelques pas, un sourire béant aux lèvres. J’ai crié d’excitation, de joie et de fierté! Il se promenait partout dans la maison, avec aisance, à l’aide de son déambulateur. Il faisait quelques pas sans appui, d’un meuble à l’autre et d’un mur à l’autre. Chaque fois, nous le félicitions et applaudissions avec enthousiasme. 

🡪25 mai 2020.  Depuis cette date, il marche maintenant sans appui, avec une bonne technique, un meilleur contrôle et un meilleur équilibre. « Marcheur depuis le 25 mai à l’âge de 3 ans et 3 mois » a écrit la physio au dossier. Je suis fière sans bon sang. Mon cœur est rempli d’admiration et d’amour, je suis comblée de bonheur. Même si, à tout moment, ses muscles pourraient être trop faibles pour qu’il puisse continuer de marcher. On l’aura vécu et je remercierai la vie d’avoir pu vivre ces moments. Ça fait peur et il y a encore tellement de défis à surmonter, mais partager les victoires, c’est important! Mon fils marche! C’est miraculeux, beau et grandiose: il MARCHE sur ses deux jambes, avec le sourire et la détermination que seul un vrai combattant comme lui sait faire. 

 

La morale de l’histoire : rester ouvert d’esprit

Ce que j’ai compris, c’est qu’en offrant tout à mon garçon, je lui donnais l’opportunité d’accéder l’inatteignable. Je garde en tête que pour lui c’est difficile, qu’il faut s’ajuster et parfois faire les choses différemment, mais je lui offre tout, comme s’il n’y avait aucun obstacle. Je suis derrière lui, non pas pour le pousser à faire des choses que son corps ou son cerveau ne lui permet pas, mais pour l’encourager à essayer ou à faire autrement. La parentalité positive, ça marche!

Exercices pour une vie plus positive

Comme ça fait des années que je me pratique, j’ai essayé plusieurs méthodes et je me suis approprié celles qui ont le mieux fonctionné pour ma famille et moi :

  1. Chaque soir, au coucher, je félicite mes enfants en leur nommant trois bons coups de leur journée ou trois choses que j’ai appréciées. Par exemple : Tu as été serviable aujourd’hui quand tu m’as apporté les vêtements de ta sœur pour que je l’habille. J’ai beaucoup aimé ton aide pour ranger les jouets. Tu m’as fait tellement rire quand tu as dansé en tournant en rond. Les enfants se sentent valorisés, importants et aimés.
  2. Pareillement avec mon mari : on se dit un compliment ou une qualité que nous avons observé chez  l’autre au courant de la journée. On se remercie. Par exemple : Aujourd’hui, je t’ai trouvé très patient avec les enfants. Merci d’avoir plié le linge, ça m’a enlevé une charge et ça m’a permis de finir mon livre. J’ai vraiment apprécié tes petits gestes affectueux, comme tes massages sur les épaules au passage ou tes petits becs sur le front avant de réaliser une tâche. Je me suis sentie importante et aimée ». On varie et on essaie que ça ne soit pas toujours en lien avec les enfants.
  3. On souligne les bons coups et on s’applaudit.
  4. Gratitude, gratitude, gratitude
  5. Chaque Nouvel An, je fais un récapitulatif de mon année en n’y écrivant que les bons coups! Je fais un montage photo et je décortique chacun des mois en soulignant le positif, les réussites et les joies. Ça fait tellement du bien de constater tout le bon qu’on a vécu plutôt que de s’arrêter sur les difficultés et les défis.
  6. Chaque mois, on fait notre planification en amoureux. (Ça peut se faire en famille aussi, mais, ici, les enfants sont encore trop jeunes.) On appelle ça notre assemblée générale familiale (AG familiale). On monte notre calendrier. On nomme ce qu’on a aimé du mois passé. On se donne des défis pour le mois à venir (pour chaque enfant, pour le couple, pour chaque adulte, pour la famille). On écrit nos priorités et nos objectifs pour le mois. On choisit un sujet de discussion pour régler une situation, un défi ou un conflit qui nous a grugé de l’énergie négative le mois précédent ou qui pourrait nous en gruger dans le prochain mois.
  7. Je visualise le beau, le bon. Les tableaux de visualisation où on écrit nos objectifs et nos rêves sont toujours si beaux et remplis de positif et d’espoir. Ajouter des photos, ça fait un effet encore plus WOW!
  8. Coller un peu partout dans la maison des « Post-it » d’un objectif ou d’un désir qu’on veut réaliser. Par exemple : Je vais être patiente avec les enfants ou encore Je vais avoir un nouveau poste (préciser) d’ici le 1er septembre ou bien Je suis belle. Lorsque vous lisez ces notes plusieurs fois par jour, le cerveau l’enregistre et c’est donc plus facile à réaliser. Essayez d’être le plus précis possible et ajoutez un délai si possible.


La vie est belle…quand on est optimiste!


En tant que parent d’un enfant ayant des besoins particuliers, on vit souvent dans l’incompréhension, le néant, la zone grise. On est sans réponse, en questionnement. C’est facile de s’imaginer le pire et d’angoisser. Mais c’est beaucoup plus beau de savourer chaque petite victoire et de vivre le moment présent.

 

De mon côté, j’ai eu la chance de lire beaucoup sur la parentalité positive et sur le développement personnel. J’ai pu nourrir mon cerveau de sagesse et m’entourer des bonnes personnes. J’ai fini par trouver des professionnels de la santé qui adhèrent aux mêmes valeurs que moi : positif, espoir, ambition

Si vous ne pouviez retenir qu’un seul conseil de mon article, ce serait celui de bien choisir votre entourage. Entourez-vous de personnes optimistes, qui sauront vous épauler et vous encourager. Et le positivisme viendra de lui-même. 🙂

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