L’autisme, ou TSA (Trouble du spectre de l’autisme), est un trouble neurologique qui touche 1 enfant sur 64 au Québec et qui est 3 à 4 fois plus fréquent chez les garçons que chez les filles. Dans les dernières années, les cas ont augmenté à travers le monde; ce qui ne découle pas nécessairement d’une augmentation réelle des cas, mais plutôt d’une meilleure capacité à la diagnostiquer, et donc d’une plus grande propension à pouvoir les aider.

Les habiletés sociales sont très difficiles pour les personnes vivant avec un TSA. On peut reconnaître ces enfants parce qu’ils répètent textuellement les phrases, récitent leurs connaissances, s’intéressent peu au jeu des autres, jouent en parallèle, soit à côté des autres, et ont un retard notable de développement du langage. Chez certains, celui-ci ne se développe même jamais. Ces enfants ne répondent pas non plus quand on appelle leurs noms, on le regard fuyant et prennent ce qu’on leur dit au premier degré.

Selon les experts, deux habilités sont essentielles à l’établissement des contacts sociaux et seules les personnes ayant un TSA léger les ont acquis. Il s’agit là de la flexibilité cognitive et de la théorie de l’esprit.

La flexibilité cognitive est la capacité, pour le cerveau, de changer la tâche qu’il accomplit actuellement pour tenir compte de ce qui se présente à lui. Bref, c’est ce qui permet de gérer les imprévus. Toutes les personnes vivant avec un TSA manquent de souplesse cognitive.

La classification par fiches

Ce qui est aussi important de comprendre, c’est que les enfants vivant avec un TSA classent les informations dans leur cerveau par fiches. Ainsi, tous les comportements sociaux sont associés à des possibilités. Rachel Ouellet, dans son livre, donne l’exemple de la fiche « Lorsque quelqu’un me regarde » qui peut vouloir dire : « Elle peut tenter d’attirer mon attention. Elle peut tout simplement être dans la lune. Elle peut regarder quelque chose ou quelqu’un derrière moi. Peut-être que, pendant qu’elle regardait quelque chose d’autre, j’ai attiré son attention par pur hasard. Peut-être qu’elle est curieuse et regarde les autres pour les observer, sans autre raison et sans mauvaise intention. »

Ce qui est important de comprendre ici, c’est que la personne vivant avec un TSA choisira impérativement un item de la liste, alors qu’un regard peut vouloir dire tellement de choses! La personne autiste aura également tendance à reproduire/copier/imiter les comportements exactement de la même façon qu’elle les a observés. Il faut donc travailler avec ces enfants à ajouter le plus de choses possible sur la liste et observer de « bons » comportements avec eux.

Le défi de la communication

On distingue deux types de communications. La communication fonctionnelle, soit celle utilisée pour se débrouiller dans la vie de tous les jours, et la communication sociale, pour entrer en relation avec l’autre.

Voici toutes les sphères que composent la communication sociale chez l’humain :

Avec ce que je viens de vous apprendre pour les fiches, on comprend donc que cela fait vraiment, vraiment beaucoup de signaux à comprendre pour la personne vivant avec un TSA. On peut, avec l’enfant, parcourir ces sphères et l’aider à développer des trucs. Par exemple, pour le ton de voix, on peut se pratiquer avec lui à dicter la même phrase sur plusieurs tons de voix.

Le contact visuel

Il est très difficile pour plusieurs personnes vivant avec un TSA d’établir un contact visuel. Cela s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, une des caractéristiques de l’autisme est l’hyper ou l’hyposensibilité. Soit la sensibilité extrême ou l’absence de sensibilité. Il y a là, en regardant dans les yeux, pour une personne autiste, beaucoup de signaux sensoriels; les clignements d’yeux, mais aussi tous les détails à l’intérieur des yeux.

C'est d'ailleurs une des raisons pourquoi les pictogrammes sont si utiles pour eux!

Aussi, cette tâche demande énormément de concentration et peut causer énormément d’anxiété pour les personnes vivant avec un TSA. Selon Aube Labbé de spectredelautisme.com, on peut apprendre à notre enfant à nommer qu’il est attentif malgré l’absence de regard. Par exemple, il peut dire, en début de conversation « Je vous écoute même si je ne vous regarde pas ». On peut également pratiquer notre enfant à établir un regard avec des personnes très proches. Nous, par exemple!

Prévoir l’imprévisible

Les personnes vivant avec un TSA ont également besoin d’un environnement stable et prévisible. Ainsi, dans ce type de contexte, ils seront plus à l’aise à socialiser et à entrer en relation. Une situation imprévisible ou hors de la routine, encore plus lorsqu’elle n’est pas préparée, peut créer une désorganisation chez l’enfant et donc rendre la communication entre lui et son entourage encore plus difficile. C'est une des raisons pourquoi la routine est si importante pour les enfants vivant avec un TSA!

Plusieurs outils peuvent vous aider à établir une bonne routine et à la garder en place.

En ayant conscience de ces informations, il sera d’autant plus facile d’aider l’enfant vivant avec un TSA à entrer en relation avec autrui. Il faudra de la patience, du temps et de la stabilité pour y arriver.

Ressources pertinentes :

Ouellet, Rachel. Autisme, la boîte à outils. Éditions de Mortagne, 2020, 300 pages.

Le contact visuel chez l’enfant ou l’adulte vivant avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA), https://spectredelautisme.com/particularites-autisme-tsa/contact-visuel/ , Aude Labbé, 3

 mars 2017.

 

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